Le virage court est l'une des compétences les plus demandées en cours de niveau avancé. C'est aussi l'une des plus mal comprises. Beaucoup de skieurs l'entendent comme tourner vite et finissent par descendre plus rapidement qu'ils ne le voulaient.
Un bon virage court ne se mesure pas à la cadence, mais au contrôle. Ce qui compte, c'est la vitesse que vous gérez par la forme de chaque courbe, la façon dont vous la terminez et dont vous enchaînez la suivante sans perdre votre position.
Ce guide explique la technique qui le soutient : la position, les actions du corps, l'appui extérieur, le changement de carres, le planter de bâton, le rythme et la coordination. Nous passons aussi en revue les erreurs les plus habituelles et les exercices avec lesquels nous le travaillons dans nos cours particuliers de virage court et de technique de ski pour adultes à Baqueira.
Qu'est-ce que le virage court à ski ?
Le virage court est une série de virages de rayon réduit enchaînés près de la ligne de plus grande pente, avec rythme et sans diagonale entre eux. Il occupe peu d'espace sur la piste et la vitesse se gère courbe après courbe.
Ce n'est pas une technique unique. Selon la pente, la neige et la vitesse, le même virage court peut se résoudre de plusieurs façons, et toutes sont valables :
| Forme du virage court | Ce que fait le ski | Quand cela convient |
|---|---|---|
| Dérapé | Une partie du virage glisse latéralement et la friction contrôle la vitesse | Pente raide, zones étroites, neige dure ou irrégulière |
| Coupé | La carre coupe la neige sans déraper | Pente douce ou moyenne, bonne neige, vitesse adaptée au rayon du ski |
| Avec prise de carre marquée en fin de courbe | La carre se plante avec force à la fin et le corps poursuit vers le virage suivant | Pente raide, où contrôler la vitesse est prioritaire |
| Mixte | On oriente les skis au début puis on les laisse couper | La façon la plus courante de tourner plus serré que ne le permet le rayon du ski |
Wedeln (« vedel ») et slalom : les deux extrêmes du virage court
Le virage court a deux références classiques qui aident à en comprendre les formes.
La première est le wedeln, que beaucoup connaissent sur les pistes espagnoles sous le nom de « vedel ». L'école autrichienne en a fait l'objectif du skieur expert dans les années 50. Son trait technique le plus reconnaissable était les pieds très serrés. Sur cette base, on enchaînait des virages courts avec le ski presque à plat et les talons en dérapage, le buste vers la vallée et un planter de bâton rythmé. C'est la référence du virage court dérapé et il reste au répertoire du ski de loisir.
Dans le virage court actuel, les pieds ne restent pas serrés en permanence : ils se rapprochent ou s'écartent selon la phase du virage et le terrain, en cherchant à chaque instant la position la plus fonctionnelle pour l'équilibre.
La seconde est le slalom spécial, la discipline au rayon le plus court de la compétition. Avec le matériel actuel, on skie surtout en coupé. Sur les tracés les plus fermés, les coureurs orientent les skis au début du virage puis les laissent couper.
Entre ces deux extrêmes se situe le virage court que nous travaillons sur piste. On dérape plus ou on coupe plus selon la pente, la neige et ce dont vous avez besoin sur chaque portion.
Quelle différence y a-t-il entre le virage court et le carving ?
Le carving décrit la façon dont la carre travaille : elle coupe la neige sans déraper. Le virage court décrit le rayon et le rythme de la courbe. C'est pourquoi un virage court peut être coupé, dérapé ou un mélange des deux, selon ce que demande le terrain.
Quel niveau faut-il pour faire du virage court ?
En parallèle élémentaire, on dessine déjà des courbes de rayons différents, mais encore sans le rythme du virage court. L'aborder là serait commencer trop tôt.
Le virage court proprement dit se travaille lorsque le skieur maîtrise le parallèle perfectionné : skis parallèles pendant toute la courbe et contrôle du freinage par le dérapage. Au début, on travaille sur terrain facile et à un rythme lent, pour construire la forme du virage avant la vitesse.
En niveau avancé, on affine : on passe à des pentes plus raides, à des neiges différentes et au rythme le plus exigeant. C'est là qu'interviennent la vidéo et Carv pour ajuster le détail.
Technique du virage court à ski : comment le réaliser
Un virage court efficace ne dépend pas d'un seul geste. Il se construit sur une position de base, sur des actions du corps et sur des éléments techniques qui agissent sur le ski. Tout converge vers le rythme et la coordination. Nous les séparons pour les expliquer, mais sur la piste ils s'entraînent comme un ensemble.
Position de ski pour le virage court
La position de base est une attitude active, pas une position figée. Le corps se place centré sur les pieds, avec la flexion répartie entre cheville, genou et hanche, prêt à agir et à réagir à chaque courbe.
Le buste reste orienté vers la ligne de plus grande pente. Les mains sont devant et visibles, à la même hauteur, sans que l'intérieure tombe vers le versant.
Les pieds n'ont pas d'écartement fixe. Ils se rapprochent ou s'écartent selon la phase du virage et le terrain : plus serrés, ils donnent de la mobilité ; plus écartés, de la stabilité.
En virage court, nous partons d'une position un peu plus haute que dans un virage de rayon moyen. Cela laisse de la marge pour fléchir et s'étendre vite à chaque changement de carres.
L'erreur la plus habituelle est une position basse et en arrière : le skieur s'assoit, perd l'appui à l'avant et le ski s'échappe à chaque courbe.
Flexion-extension, angulation et dissociation en virage court
Ce sont des actions que l'on travaille dans n'importe quel virage. Ce qui change en virage court, c'est la façon de les utiliser.
Flexion-extension : rapide, connectée et en amplitudes moyennes. La fréquence est élevée et chaque mouvement enchaîne avec le suivant. Les jambes travaillent en amplitudes moyennes depuis une position un peu haute, sans aller jusqu'à la flexion ni l'extension complètes. Ainsi la flexion et l'extension sont toujours connectées.
Le bassin accompagne ce mouvement par une bascule d'avant en arrière, d'antéversion à rétroversion, qui pousse la masse vers l'avant à chaque courbe. C'est le même geste que dans un virage de rayon moyen, à une fréquence bien plus rapide. C'est pourquoi on n'a pas le temps d'y penser à chaque courbe : il faut le pratiquer jusqu'à ce qu'il vienne tout seul.
En virage court, l'angulation avant l'inclinaison. Le rythme est si rapide qu'on n'a pas le temps de s'incliner puis de changer. De plus, comme on va face à la pente, la phase initiale de la courbe ne s'allonge pas et il n'y a pas le temps d'être incliné. Nous nous concentrons donc sur l'angulation : un appui angulé direct qui permet d'aller de ski extérieur à ski extérieur.
Dissociation : gérer la rotation et le blocage du buste. Dans un virage long, il y a une rotation active du buste vers la direction des skis. En virage court, comme nous allons bien plus face à la pente, cette rotation existe mais reste minime : elle fonctionne presque comme un blocage qui maintient le buste vers la ligne de plus grande pente pendant que les jambes tournent dessous. Ce blocage remplit trois fonctions :
- Elle évite les rotations excessives et les appuis sur le ski intérieur. Dans la pente, si le buste se désoriente, il est facile de perdre l'appui extérieur.
- Elle accélère le changement de carres.
- Elle facilite la projection vers la courbe suivante pour y arriver avec un bon appui.
Appui extérieur et équilibre avant-arrière en virage court
De ski extérieur à ski extérieur. En virage court, le transfert d'appui doit être rapide et complet. Presque tout le poids passe sur le nouveau ski extérieur à chaque courbe. L'intérieur accompagne et stabilise, mais ne soutient pas. Si l'appui reste réparti ou tombe sur l'intérieur, le ski extérieur n'accroche pas, la courbe s'ouvre ou elle ne nous relance pas correctement vers le nouveau virage.
Depuis le buste : la projection. C'est un travail des masses du haut du corps. Dans la phase initiale du virage, la projection avance le poids et place les pieds sous le corps. À la fin, la gestion de la flexion avec un bon appui extérieur emmène la charge vers les talons, l'arrière de l'appui. Ce parcours, d'avant en arrière à chaque courbe, prépare la projection de la suivante.
Depuis les pieds : pousser comme pour frapper un ballon. Ici la sensation naît dans les pieds. Le pied sort de sous le corps avec de la pression à l'avant et avance, comme dans la frappe d'un ballon. En avançant, l'appui recule vers les talons. Puis le pied repasse sous le corps de l'autre côté et répète le geste. C'est une boucle : la sensation est que les pieds vont d'un côté à l'autre, en passant toujours sous le corps et en poussant vers l'avant.
L'erreur la plus fréquente est d'amorcer la courbe avec le poids en arrière, surtout dans la pente et par peur de la vitesse. Les skis prennent de l'avance, partent à chaque extension et le skieur perd sa position virage après virage.
Changement de carres en virage court : par extension ou par flexion
Nous commençons toujours par extension-projection. C'est la façon la plus naturelle de changer de carres en virage court. Les jambes s'étendent et la masse se projette vers l'avant et vers l'intérieur de la nouvelle courbe. En passant au-dessus des pieds, les skis changent de carre. Cela se relie à la position un peu haute dont nous partons et au travail de projection du buste.
Le changement par flexion vient avec la maîtrise. En virages courts coupés, avec de l'inertie et un rythme très abouti, on peut en venir à changer de carres par flexion : les jambes se replient et les carres changent avec le corps bas. Pour cela, il faut maîtriser la réaction du matériel, de sorte que l'angle et la pression du ski favorisent ce mouvement. Sans cette maîtrise, la flexion n'apporte rien et le virage perd en contrôle. C'est aussi plus exigeant physiquement, car on skie plus fléchi à chaque transition.
Virage court dérapé ou coupé : pivotement et pression du ski
Le pivotement, clé d'une courbe ronde. Maîtriser le pivotement est ce qui permet au virage court d'être une courbe arrondie. On commence toujours par un virage plus dérapé, où il est plus facile d'avoir une sensation proche de la bonne. À mesure que le skieur gagne en niveau et en coordination, gère mieux les forces et comprend la technique dans son ensemble, le virage peut devenir de plus en plus coupé.
L'erreur du Z. C'est l'une de celles que nous voyons le plus. Le skieur croit que le ski se déplace latéralement et pousse les talons vers l'extérieur. La courbe cesse d'être ronde, elle devient un Z, le ski freine par à-coups et le rythme se casse.
Une pression qu'on n'a pas le temps de penser. La pression augmente au fil de la courbe, mais le virage est si rapide qu'on n'a pas le temps de la ressentir progressivement. À cette fréquence et à ce rythme, il faut bien la gérer sans en arriver à y penser. La difficulté est d'enchaîner virage après virage une bonne charge, un moment de pression exact et un angle précis sur les skis : juste ce qu'il faut pour qu'ils coupent, sans qu'ils se déplacent trop latéralement ni qu'ils coupent plus que nécessaire. Et c'est d'autant plus difficile que la pente est raide.
Planter de bâton en virage court
Le bâton n'est pas là seulement pour marquer le rythme, même s'il y aide. En amenant la pointe vers la neige, un seul geste produit plusieurs effets à la fois : il fléchit cheville, genou et hanche, il aide à anguler, il oriente le corps vers la pente et le déplace vers l'avant. De plus, en touchant la neige, il donne une information pour l'équilibre.

Plus latéral qu'en rayon moyen. En rayon moyen, le bras accompagne vers l'avant et le planter peut rester un peu plus près de la spatule. En virage court, le déplacement se fait en ligne droite sur la ligne de plus grande pente et les skis regardent toujours vers le bas. Le bras ne fait pas ce mouvement vers le ski : il reste sur le côté. Le bâton se plante devant la chaussure, du côté de l'appui, juste à la fin de la courbe et avant le changement de carres.
Doux à l'arrivée, ferme au contact. Le geste est doux pendant que le bâton approche de la neige et ferme au moment du contact. Cette fermeté aide à gérer la force de la fin de courbe et à tenir le rythme ou le point de contrôle.
Sans lever le coude. Le passage du bâton n'oblige pas à relever le coude. Avec un bâton de la bonne longueur, le coude travaille à un angle proche de l'angle droit. Ce n'est pas une mesure exacte : c'est un repère pour que le geste reste naturel et ne désorganise pas le buste.
Les erreurs les plus fréquentes. Un bâton vertical, qui arrive tard ou qui se plante trop près du corps n'aide pas à tourner et désorganise le rythme. C'est pourquoi la main se prépare à l'avance, devant et visible.
Du rayon moyen au court, là aussi. Comme les autres éléments, le planter s'entraîne d'abord en rayon moyen. À la fréquence rapide du virage court, il est difficile d'en travailler la précision, on le raccourcit donc peu à peu.
Rythme et coordination en virage court
Le rythme n'est pas une mesure imposée de l'extérieur. C'est la capacité d'anticiper et d'organiser chaque courbe : préparer la suivante pendant qu'on termine la précédente, avec des virages semblables à gauche et à droite. Quand il y a du rythme, le mouvement devient plus efficace et le skieur dépense moins d'énergie. Il est courant qu'un côté sorte mieux que l'autre, et travailler cette symétrie fait aussi partie du rythme.
La coordination est l'endroit où se rejoignent tous les éléments précédents : la position, la flexion-extension, le blocage du buste, l'appui extérieur, le changement de carres et le bâton. En virage court, chacun doit arriver à son moment. Si l'un arrive en avance ou en retard, le virage se désorganise et les autres doivent compenser.
Rythme n'est pas vitesse. Une erreur fréquente est d'augmenter la cadence avant de maîtriser la forme de la courbe : on tourne plus vite, mais moins bien, et la vitesse s'accumule. D'abord la forme et le contrôle ; ensuite la fréquence. Et le rythme s'adapte au terrain : sur une pente qui change ou avec une neige irrégulière, le tenir exige d'ajuster chaque courbe sans perdre la fluidité.
Virage court de Coupe du monde : ce que nous avons appris avec Livio Magoni
Il y a quelques saisons, nous nous sommes entraînés lors d'un camp au stade de compétition de Beret avec Livio Magoni, entraîneur de Tina Maze et Petra Vlhová, et le biomécanicien qui travaillait avec lui. Il nous a montré une façon spécifique d'entraîner le virage court qu'ils utilisaient dans son équipe au haut niveau. Ce n'est pas la seule manière de le travailler, mais elle apporte un point d'attention intéressant.
Il nous expliquait qu'en virage court, beaucoup d'athlètes de Coupe du monde ne sentent pas seulement le travail des pieds. Pendant l'exécution, ils portent aussi leur attention sur un élément plus grand et plus lourd : la sensation que l'omoplate intérieure pousse vers l'avant. C'est un point d'attention qu'il nous a proposé de travailler.
Cette sensation aide à projeter la masse vers l'avant, vers le virage suivant. Avec elle, il est plus facile de ne pas favoriser l'excès de rotation ni la poussée latérale, deux erreurs que nous voyons souvent chez le skieur de loisir.
En cours, nous utilisons ce point d'attention lorsque le geste des jambes est déjà automatisé. Avant cela, nous construisons d'abord la base et nous changeons de point d'attention ensuite.
En compétition, il y a une nuance de plus. Sur les plats, avec moins de vitesse et d'inertie, les coureurs font une sorte de swing pour générer de l'impulsion. Même si cela ajoute un peu de rotation, cela leur fait gagner des dixièmes. C'est une ressource d'athlète : sur un plat, le skieur de loisir continue de privilégier le contrôle.
Erreurs fréquentes en virage court à ski et comment les corriger
La plupart des problèmes du virage court ne viennent pas d'un seul geste, mais d'un élément qui arrive tard ou qui échoue et entraîne les autres. Ce tableau résume ceux que nous voyons le plus en cours, ce que ressent le skieur, ce que cela provoque et par où nous commençons à les corriger.
| Erreur | Ce que vous ressentez | Conséquence | Par où nous commençons à le corriger |
|---|---|---|---|
| Poids en arrière à l'amorce de la courbe | Les skis s'échappent vers l'avant et vous perdez votre position virage après virage | Les skis accélèrent et vous perdez le contrôle de la vitesse | Projection du buste à l'amorce et poussée depuis les pieds, comme dans la frappe d'un ballon |
| Courbe en Z (pousser les talons vers l'extérieur) | Le ski freine par à-coups et le rythme se casse | Vous vous désorientez, vous amorcez chaque virage de plus loin et vous pouvez finir avec trop d'appui intérieur en fin de virage | Pivotement maîtrisé pour arrondir la courbe, en partant d'un virage plus dérapé |
| Rotation du buste | Chaque courbe entraîne tout le corps et vous arrivez en retard sur la suivante | Les mêmes problèmes que le Z et, en plus, vous perdez la gestion de l'angle et de l'appui plantaire | Blocage du buste vers la ligne de plus grande pente : dissociation |
| Appui réparti ou sur le ski intérieur | Le ski extérieur n'accroche pas, la courbe s'ouvre ou elle ne vous relance pas vers le virage suivant | Sans appui, il n'y a pas de réaction pour basculer vers le virage suivant de façon efficace et réactive | Transfert rapide de ski extérieur à ski extérieur |
| S'incliner au lieu d'anguler | Vous perdez l'accroche et le changement de carres arrive tard | Le même effet que d'appuyer sur l'intérieur : le poids part à l'intérieur et le virage suivant démarre sans réaction | Appui angulé direct dès l'amorce de la courbe |
| Flexion-extension au maximum ou interrompue | Le mouvement est coupé et le virage perd en continuité | Cela vous rend lent : vous perdez le rythme et la capacité aux gestes rapides qu'exige le virage court | Amplitudes moyennes, depuis une position un peu haute et toujours connectées |
| Bâton vertical, en retard ou collé au corps | Le bâton n'aide pas à tourner et le rythme se désorganise | Positions en arrière, mauvais appuis et perte de coordination et de contrôle | Main préparée à l'avance et planter latéral, devant la chaussure |
| Augmenter la cadence avant de maîtriser la forme | Vous tournez plus vite, mais moins bien, et la vitesse s'accumule | Vous perdez en précision sensorielle : ce que vous ressentez n'est ni réel ni correct, la perception se déforme et apprendre devient plus difficile | D'abord la forme et le contrôle ; ensuite la fréquence, du rayon moyen au court |
| Point d'attention et regard mal placés | Le corps tourne sans que vous vous en rendiez compte et il est difficile d'anticiper le virage suivant | C'est à l'origine de la rotation et d'autres erreurs : l'endroit où vous placez votre attention et votre regard organise le reste du mouvement | Regard vers la ligne de plus grande pente, loin devant, et attention sur un effet précis : la poussée de l'omoplate ou celle des pieds |
Sur une pente raide, ces erreurs s'amplifient : ce qui se remarque à peine sur un mur doux fait perdre le contrôle en quelques courbes sur un mur raide. C'est pourquoi nous les corrigeons d'abord sur terrain simple.
Toute correction suit le même chemin : du rayon moyen au court, de fréquences lentes à plus rapides et de murs doux à des murs plus raides. Pour chacune, il existe en outre des exercices spécifiques. Avec eux, nous nettoyons la sensation et nous plaçons le point d'attention exactement sur ce que nous travaillons, pour tirer le maximum de l'action précise qui fait progresser.
Exercices pour améliorer le virage court à ski
Tout le travail du virage court commence en rayon moyen. Les sensations les plus pures et les plus coupées apparaissent toujours là en premier. Depuis ce rayon moyen, le virage se raccourcit peu à peu, en guirlande ou en éventail, jusqu'au virage court. La fréquence suit le même chemin, de lente à rapide.
Le terrain suit la même logique : de murs doux à des murs de plus en plus raides. Nous ne travaillons jamais le virage court sur un plat complet, car sans pente il n'y a ni inerties ni mouvement. Nous cherchons toujours au moins une légère pente.
Comment choisir les exercices pour le virage court
Il existe énormément d'exercices pour le virage court, et celui qu'on utilise importe moins qu'il n'y paraît. L'important est pourquoi nous le choisissons, comment il est fait et où nous plaçons le point d'attention pendant qu'on le travaille.
Chaque exercice se travaille de façon très spécifique, avec toute l'attention sur l'action ou le geste qui aide à améliorer ce que nous corrigeons. Le reste, à ce moment-là, n'a pas d'importance.
C'est pourquoi nous cherchons des exercices simples. Un exercice qui améliore une chose au prix d'une mauvaise position ou d'une mauvaise exécution ailleurs ne nous sert pas. Plus il est simple, plus la sensation est nette et le point d'attention clair.
Exercices de virage court pour chaque élément technique

| Élément travaillé | Exemples d'exercices |
|---|---|
| Dissociation (rotation-blocage) | Fenêtre avec bâtons · fenêtre sans bâtons · mains ou bâtons sur les hanches · épaules horizontales |
| Appui extérieur et angulation | Traîner le bâton extérieur · tip-tap (lever le talon intérieur) · ski alterné sur l'extérieur |
| Pivotement et forme ronde | Dérapage latéral avec pivotement · de l'arrêt hockey à une amorce patiente |
| Changement de carres et rythme | Virages courts dans un couloir sur la ligne de plus grande pente · virages courts avec un petit saut |
| Planter de bâton | Guirlande de planter de bâton |
| Point d'attention et regard | Couloir ou sablier avec des repères sur la ligne de plus grande pente |
Améliorer le virage court avec la vidéo et Carv : quelles métriques comptent
Vidéo sur la piste. Nous filmons plusieurs courbes d'affilée et nous les revoyons sur le moment, pas en fin de journée. Avant de voir l'image, l'élève raconte ce qu'il a ressenti. Ensuite nous comparons son virage à celui d'un démonstrateur pour qu'il voie la différence. C'est la même méthode que nous utilisons dans les cours de niveau avancé, appliquée à un seul geste.
Carv : le virage court en données. Carv est un système de capteurs dans les chaussures qui mesure chaque courbe, à gauche et à droite. Il enregistre la descente complète (tempo en virages par minute, couloir, rayon réel, pente, type de neige, équilibre, distance et mètres de dénivelé) et le détail de chaque virage. En virage court, voici les métriques qui nous en disent le plus :
| Métrique | Ce que cela nous dit en virage court |
|---|---|
| Tempo et rayon réel | Si la fréquence et la taille de la courbe sont celles que nous cherchons, ou si elles en ont seulement l'air |
| Forme du virage | Si la courbe est ronde ou si elle devient un Z |
| Vitesse de rotation | À quelle vitesse les skis tournent à chaque courbe |
| Prise de carres précoce et angle de carre | Si la carre entre tôt et au bon angle, ou si la courbe dérape trop |
| Libération du poids | Comment le poids passe d'un pied à l'autre au changement |
| Similitude de prise de carres | Si un côté sort mieux que l'autre |
Le parallélisme des skis et la force G complètent la lecture. Le détail de chaque métrique se trouve dans notre guide Carv à Baqueira : voici votre technique de ski en données.
La valeur est dans ce que le skieur ne perçoit pas. Un bon tempo ne garantit pas que la courbe soit bien construite. Un rayon correct peut cacher des différences entre la gauche et la droite. Et un bon angle de carre ne signifie pas que le ski travaille bien pendant toute la courbe.
La donnée ne remplace pas la sensation : elle sert à la vérifier et à la mettre en contexte. Et Carv repose sur un modèle technique précis, qui fonctionne très bien pour un type de ski, mais qui n'est pas la seule façon valable de bien skier. L'interprétation reste le travail du moniteur.

Víctor Puche, directeur technique d'Alpine, détient le Ski:IQ le plus élevé d'Espagne au classement Carv de la saison 2025-26 : 170, obtenu en virage court. Si vous voulez travailler avec ces données, vous pouvez ajouter Carv à vos cours de ski avec la technologie Carv à Baqueira.
Où entraîner le virage court à Baqueira Beret : pistes par niveau
Baqueira Beret a des murs pour chaque étape du virage court. Nous les utilisons des plus doux aux plus raides, en suivant la même progression du rayon moyen au court et de la fréquence lente à la rapide.
| Secteur | Murs doux | Murs moyens | Murs raides |
|---|---|---|---|
| Baqueira | Pla de Baqueira · Mirador · la pale de l'ancienne Solei | Pla de Baqueira (zones moyennes) · Vuelta a Casa · la 1 · Tortuga | Isards · Luis Arias |
| Beret | Dera Reina, parties basse et moyenne | Costarjàs · Audeth | Dera Reina, partie haute · Dossau, partie haute · Ticolet, partie moyenne |
| Baciver | — | Saumet · Paum | Partie haute de Baciver |
| Bonaigua | Tuc de la Llança | Peülla (moyen-raide) | Peülla (moyen-raide) |
Le choix final dépend du jour : la neige, l'affluence et l'heure décident du mur qui convient à chaque moment.
Peut-on améliorer son virage court en un seul cours ?
Carlos : plus de rythme et un meilleur appui en deux heures

Carlos est l'un des élèves qui skient avec leur propre Carv. Il avait déjà un virage court bien exécuté ; ce qu'il cherchait, c'était un peu plus de rythme et de vitesse d'exécution. Nous avons consacré une séance de deux heures au seul virage court, sur les murs moyens de Pla de Baqueira.
Ce jour-là, la neige était dure et il y avait beaucoup de monde. Ce n'était pas un jour pour aller vite, ni à cause de la neige ni à cause de l'affluence, mais c'était un jour pour travailler la technique et l'habileté. C'est un bon moment pour ce type de séance.
Nous avons travaillé l'appui extérieur et le geste des pieds sous le corps. Nous avons enlevé la rotation des bras et la désorientation des épaules, et nous avons cherché un appui plus latéral et vers l'avant.
Nous avons filmé chaque descente et revu les métriques de Carv après chaque portion. En deux heures, son IQ de virage court a gagné plusieurs points pour atteindre 151. Cela se voyait aussi sur la vidéo : plus de rythme, un appui plus latéral et les épaules orientées vers la pente.
La recommandation d'Alpine pour le virage court

Si vous voulez améliorer votre virage court, ne commencez pas par la pente la plus raide ni par la fréquence la plus rapide. Commencez par un rayon moyen, sur un mur doux et à un rythme lent. C'est là qu'apparaissent les sensations les plus nettes, et c'est de là que le virage se raccourcit peu à peu.
Travaillez un seul point d'attention à la fois. Un exercice simple, avec toute l'attention sur un geste précis, améliore plus que dix corrections à la fois.
Et cherchez un moniteur capable de lire votre virage court : quel élément arrive tard et lequel entraîne les autres. Si vous réservez un cours avec cet objectif, demandez qui va le donner et quelle expérience il a du virage court. Chez Alpine Ski Academy, école de ski à Baqueira Beret, nous le travaillons avec la vidéo sur la piste et, si vous le souhaitez, avec les données de Carv.
Cours de virage court à Baqueira : réservez votre séance
Si vous skiez déjà en parallèle avec aisance et que vous voulez un virage court avec plus de contrôle, dites-nous comment vous skiez aujourd'hui et ce que vous voulez améliorer. Si vous avez une vidéo, c'est encore mieux. Avec cela, nous vous proposons le moniteur et le format qui vous conviennent.
Víctor Puche Fita, Directeur Technique TD3, démonstrateur SAFE Formación et fondateur d'Alpine Ski Academy.
Sources : INEFC, tableau synoptique du ski alpin · LeMaster, R., The Ultimate Skiing · Carv, métriques du virage court · Skiing History, « Whatever Happened to Wedeln? » (2023) · FIS, règlement du matériel de ski alpin.
